La « Stratégie pour la région du Danube »(SRD) de l’Union européenne est une stratégie de développement macrorégionale et un plan d’action des régions et des pays du bassin du Danube. Elle vise à la fois le développement durable de la macrorégion du Danube et la protection de ses territoires et paysages naturels ainsi que de son patrimoine culturel. Sur la base d’une demande du Conseil européen de juin 2009, la Commission européenne a soumis, en décembre 2010, une proposition relative à la SRD, qui sera adoptée durant la présidence hongroise en 2011.
Après la Stratégie européenne pour la mer Baltique, adoptée sous présidence suédoise au second semestre de l’année 2009, la SRD sera la deuxième stratégie de développement macrorégional de l’Union. Huit États membres et six pays extérieurs à l’Union ont participé à son élaboration : l’Allemagne (Bade-Wurtemberg et Bavière), l’Autriche, la République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie, la Slovénie, la Roumanie, la Bulgarie, ainsi que la Croatie, la Serbie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, la Moldavie et l’Ukraine.
OBJECTIFS
Lors de sa réunion des 18 et 19 juin 2009, le Conseil de l’Union européenne a officiellement demandé à la Commission européenne d’élaborer, d’ici à décembre 2010, un projet de la stratégie pour la région du Danube. La Commission a ainsi soumis sa proposition en décembre 2010, en désignant onze domaines d’action autour des principaux thèmes suivants : développement durable des transports et des réseaux énergétiques, protection de l’environnement et de l’eau, développement social et économique, développement du système de gestion.
La stratégie pour la mer Baltique et la Stratégie pour la région du Danube sont également symboliques du point de vue de l’ensemble de l’Europe, symbolisant l’interdépendance croissante des États à l’époque de la mondialisation. La stratégie du Danube offre par conséquent aux États membres une occasion unique de relever, de façon coordonnée, les défis à caractère mondial qui ne peuvent être abordés que de manière transfrontalière (sécurité énergétique, changement climatique, crues, sécheresse, etc.)
La SRD a pour but de stimuler, de manière durable, l’économie et la compétitivité de la région et, au bout du compte, le bien-être de ses citoyens, de rendre la région prospère, dynamique et attrayante. La SRD contribue au renforcement de la cohésion dans la région et à la réduction des différences régionales existantes. Un aspect important de la SRD à cet égard est l’aide à la compétitivité et le développement des petites et moyennes entreprises dans la région du Danube. Élément important de la politique centre-européenne, la SRD peut contribuer à ouvrir la voie à l’intégration des Balkans occidentaux.
La mise en place des interconnexions des réseaux énergétiques et de transport, lesquelles sont encore non existantes aujourd’hui, le développement des corridors de transport routiers et ferroviaires et l’amélioration de la sécurité de l’approvisionnement énergétique sont des domaines d’action prioritaires de la SRD, qui repose sur la coordination des projets des différents États membres et sur une approche intégrée.
Au niveau des énergies renouvelables (notamment de l’énergie géothermique) et de l’efficacité énergétique, la SRD est directement au service de la Stratégie Europe 2020. Dans les domaines connexes de la recherche et du développement, il convient également de renforcer la coopération avec les pays de la région.
La SRD est en parfaite adéquation avec le thème de l’eau, l’un des éléments centraux du programme de la présidence hongroise de 2011. La Stratégie apporte une précieuse contribution à l’élaboration de la nouvelle politique globale de l’eau, laquelle sera lancée en 2012, car elle est complémentaire à l’approche antérieure, centrée sur la protection de la qualité de l’eau, puisqu’elle y adjoint l’aspect d’une gestion intégrée et durable de l’eau.
Initiative autonome de la présidence hongroise, la politique de l’eau fait l’objet d’un consensus politique absolu. La Hongrie a pour objectif de développer et de renforcer, dans les politiques européennes, les aspects relatifs à la gestion de l’eau, lesquels sont importants pour la Hongrie et pour l’Union dans son ensemble. La présidence attire l’attention sur a) la gestion intégrée des phénomènes météorologiques et hydrologiques extrêmes (sécheresse, crues, eaux stagnantes, déséquilibres de la répartition des précipitations), b) les fonctions écologiques qu’assure l’eau (biotopes humides, auto-purification de l’eau, constitution de sols), c) l’importance de la coopération internationale. La gestion des risques de crues et la protection de la qualité de l’eau (y compris l’élimination et le traitement des pollutions) exigent toutes deux une conception à l’échelle de l’ensemble du bassin. Un échange de vues aura lieu, à la fin de la période de la présidence hongroise, sur les propositions globales en matière de politique de l’eau qui seront présentées en 2012 par la Commission.
Il importe de renforcer, à l’intérieur de chaque pays et sur le plan transfrontalier, la sécurité de la région du Danube, composée de pays qui font partie de la zone Schengen et de pays qui n’en font pas partie, de pays candidats à l’adhésion et de pays tiers, ce qui rend plus difficile toute action policière coordonnée et toute coordination entre les pays. La SRD jette les bases d’une coopération opérationnelle sur tout le cours du Danube pour tous les corps de police ou autres. Elle contribue par ailleurs, au travers du développement parallèle des systèmes d’information pour la prévention des catastrophes, à renforcer la sécurité du Danube en tant que voie de transport.
La SRD intègre également la richesse de l’offre culturelle de la région, assure la protection et la promotion de son patrimoine architectural et met en évidence la diversité de son patrimoine intellectuel. Il convient également de valoriser, sur tout le cours du Danube, les possibilités de pratiquer le tourisme et de s’adonner aux sports nautiques.
La stratégie vise également à optimiser l’utilisation et la coordination des ressources disponibles sans y affecter de fonds communautaires. Il est de l’intérêt des pays de la région que la stratégie macrorégionale contribue d’ici 2013, au travers de divers projets et de programmes, à la croissance économique, dans l’esprit de la Stratégie Europe 2020 et des programmes nationaux, lesquels ont tous deux pour objectif la relance économique.
L’importance et la complexité de la SRD ont amené un grand nombre d’organisations professionnelles et ONG à souhaiter participer à son élaboration et à sa réalisation. Les objectifs fondamentaux de la SRD prévoient que les organisations professionnelles et les ONG se verront octroyer un rôle important dans l’élaboration des modalités et dans la réalisation de projets concrets. La stratégie pourra ainsi être mise en œuvre en bénéficiant d’un soutien aussi large que possible.
LE SEMESTRE PRÉSIDENTIEL HONGROIS
La plupart des États membres prendront connaissance de la SRD et la négocieront sous présidence hongroise.
Cette dernière souhaite que la stratégie soit adoptée par les États membres lors de la réunion du Conseil européen de juin 2011. Les huit États membres et les six pays non membres de l’Union ayant participé à l’élaboration de la stratégie peuvent, en coopérant, renforcer la cohésion de la région et, raison pour laquelle la coordination des intérêts demeure une tâche importante.
Le 1er juillet 2011, c’est à la Pologne que la Hongrie passera le flambeau de la présidence. État partie à la Stratégie européenne pour la mer Baltique, la Pologne, qui entretient des relations étroites avec les partenaires orientaux de l’Union ainsi que la région du Danube, contribuera très largement au succès parallèle des deux stratégies macrorégionales.