Martonyi : l’Union a « démarré » pendant la présidence hongroise

Article date: 06 avril 2011 16:16 Last modified date: 06 avril 2011 18:04

Les accords conclus à l’occasion de la réunion du Conseil européen du mois de mars ont permis de répondre à la question de savoir si la présidence hongroise serait, pour l’Union, un succès au niveau technique. C’est ce qu’a déclaré János Martonyi, le 5 avril, lors de son audition devant le groupe de travail du Parlement hongrois sur la présidence de l’Union européenne. Le ministre des affaires étrangères estime en effet que, de l’avis général, l’Union européenne a « démarré» pendant la présidence hongroise.

Durant les trois premiers mois de la présidence hongroise, des évènements se sont produits qui sont sans précédent au sein de l’Union, a déclaré János Martonyi, en évoquant la négociation et l’adoption particulièrement rapides des six propositions législatives jetant les bases de la gouvernance économique. Grâce aux mesures de lutte contre la crise économique ainsi qu’aux mesures de prévention des crises, nous pouvons désormais affirmer que l’intégration européenne sera plus forte et plus profonde à la fin qu’elle ne l’était au début de la présidence hongroise. Or, le succès de la présidence devait selon nous, et c’est ainsi que, d’emblée, nous l’entendions, se mesurer à l’aune du renforcement de l’intégration, comme l’exprime d’ailleurs son mot d’ordre (« une Europe forte »), a rappelé le ministre des affaires étrangères.

On pourrait bien sûr discuter pour savoir quel rôle chacun a joué ou joue dans le renforcement de l’Union européenne. La crise économique, la nouvelle structure institutionnelle mise en place par le traité de Lisbonne (le président permanent du Conseil européen continuant, par exemple, à défendre une conviction mûrement réfléchie à propos de l’avenir de l’Union européenne), et la présidence hongroise y ont tous contribué. Il est aujourd’hui généralement admis que les trois premiers mois de la présidence hongroise ont été un grand succès, a déclaré János Martonyi. Il mentionné, à cet égard, les accords au Conseil européen conclus le 4 février, qui marquent un tournant décisif dans la mise en œuvre d’une politique énergétique commune ainsi que l’adoption des conclusions de la présidence esquissant l’avenir de la Politique agricole commune.

Travaux et défis pour les trois prochains mois

Le ministre estime néanmoins qu’il reste encore beaucoup de travail à accomplir pendant la deuxième partie de la présidence, un exemple étant l’adoption de la Stratégie pour le Danube. János Martonyi a souligné que cette coopération macro-régionale était en train de devenir un modèle que les autres Etats membres et les autres macro-régions souhaitent suivre eux aussi, ce qu’illustre bien le fait qu’il y ait actuellement débat pour savoir dans quelle mesure la stratégie en cours d’élaboration devrait refléter cet état de fait. M. Martonyi estime que les chances sont réelles que le système-cadre européen des stratégies nationales pour les Roms soit adopté lors de la réunion du Conseil européen du mois de juin.

Il y aura bien sûr de nouveau défis, a reconnu le ministre des affaires étrangères. La question de la migration, par exemple, oppose nettement les Etats membres et la présidence est consciente de l’enjeu politique qu’elle représente. Dans le dossier de l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l’espace Schengen, la présidence s’efforcera de rechercher un compromis qui soit acceptable pour tous. M. Martonyi a déclaré que la clôture des négociations d’adhésion de la Croatie à l’Union européenne était une question ouverte, en soulignant que la présidence pouvait y contribuer de deux manières. Premièrement, en encourageant la Croatie à mettre tout en œuvre pour se préparer à l’adhésion. Deuxièmement, en insistant sur le fait que si les négociations d’adhésion n’aboutissent pas d’ici la fin du mois de juin, elles risquent de prendre non pas plusieurs mois de retard, mais bien plus encore, ce qui risque en effet de mettre en question la crédibilité de l’ensemble du processus d’élargissement. Aussi, si les négociations ne peuvent pas être clôturées, l’ensemble du processus d’élargissement en sortirait perdant, a précisé le ministre.

L’Union européenne est devenue plus populaire en Hongrie

En réponse à la question d’un député, János Martonyi a déclaré que selon certains sondages, la popularité de l’Union européenne avait déjà augmenté en Hongrie depuis le début de la présidence. Il a cependant fait valoir que cette situation était également en rapport avec le degré de connaissance sur l’Union européenne: si les citoyens entendent davantage parler de l’Union (ce qui est le cas lors de la présidence), il est sans doute normal qu’ils l’apprécient plus. Cela n’explique cependant qu’en partie ce phénomène. La question essentielle est de savoir si l’Union européenne est en mesure de mettre en œuvre des politiques fortes susceptibles d’influencer de manière positive la vie des citoyens. Si des messages leur sont adressés qui leur font comprendre qu’eux aussi peuvent, au travers de la Politique agricole commune, de la politique de cohésion ou de la politique énergétique, tirer profit de l’intégration, la popularité de l’Union s’en verra accrue, a souligné le ministre des affaires étrangères.