L’objectif de la présidence hongroise était de mener les débats d’orientation sur l’avenir des principales politiques européennes, tout en veillant à ce que ces échanges n’aient pas d’impact direct sur les aspects financiers et sur le déroulement des négociations budgétaires, a rappelé Enikő Győri lors de la conférence sur l’avenir du cadre financier pluriannuel de l’Union qui se déroulait à Prague.
La ministre déléguée a évoqué les résultats auxquels était parvenue la présidence hongroise. Lors de l’adoption, le 21 avril, de conclusions relatives à la politique de cohésion par le Conseil, les Etats membres se sont accordés sur le fait que la politique de cohésion avait largement contribué à la réduction des différences territoriales et qu’elle constituait un important instrument de la mise en œuvre de la stratégie Europe 2020. La réunion du 28 février du Conseil « Energie » a également donné lieu à d’importantes conclusions, tandis qu’au sein du Conseil « Agriculture », la grande majorité des Etats membres ont soutenu les conclusions de la présidence, au travers desquelles ils ont témoigné de leur souhait de préserver la politique agricole commune (PAC) en tant que politique commune forte. Enikő Győri a indiqué que la présidence était favorable à l’adoption, au mois de juin, d’un document final sur la Feuille de route de la Commission vers une économie compétitive à faible intensité de carbone à l’horizon 2050.
La ministre déléguée aux affaires étrangères a également fait valoir que le traité de Lisbonne avait élargi les compétences du Parlement européen dans le dossier du cadre financier pluriannuel, l’accord du Parlement européen étant donc également indispensable à son adoption. Enikő Győri a déclaré que la présidence hongroise tenterait, en coopération étroite avec le prochain trio présidentiel (Pologne, Chypre, Danemark), de trouver un moyen adéquat de mettre en pratique les nouvelles dispositions du traité. Elle ajouté qu’elle engagerait également des négociations avec le Parlement européen sur ce point dès qu’elle aurait obtenu l’autorisation du Comité des représentants permanents (Coreper) du Conseil de l’Union européenne.
Au sujet du budget-cadre pluriannuel, Mme Győri a mis le doigt sur une contradiction fondamentale : le traité de Lisbonne et la stratégie Europe 2050 ont certes élargi les compétences de l’Union, qui ne pourront être menées à bien sans financement acceptable, mais les Etats membres doivent procéder à des restrictions budgétaires. La ministre déléguée a fait savoir qu’une utilisation la plus efficace possible des fonds européens était donc plus importante pour la Hongrie que l’ampleur du cadre financier pluriannuel. Elle a également ajouté que Budapest était favorable au cycle budgétaire actuel de sept ans, ce laps de temps étant suffisant pour une planification, à moyen terme, de la politique de cohésion et d’autres programmes de développement.
Pour ce qui est de l’aspect du budget européen relatif aux dépenses, Enikő Győri a souligné que la Hongrie voulait maintenir une PAC forte, reposant comme aujourd’hui sur deux piliers, car il serait injuste que l’Union prive les agriculteurs des nouveaux Etats membres des subventions au moment même où ils pourraient enfin en bénéficier pleinement. Concernant la politique de cohésion, la ministre déléguée a signalé qu’elle devrait couvrir presque toutes les régions de l’Union, sans se concentrer uniquement sur les objectifs de la stratégie Europe 2020 : il faut laisser, au-delà de la « concentration thématique », la possibilité aux Etats membres moins aisés de prendre en considération leurs intérêts particuliers dans le cadre des programmes de développement.
Mme Győri a estimé que les objectifs de la politique énergétique et climatique pourraient également être atteints grâce aux politiques traditionnelles sans création de fonds supplémentaires. La ministre déléguée a reconnu que davantage de fonds européens étaient nécessaires en matière de migration, tout en soulignant que pour ce qui est des dépenses consacrées aux relations étrangères, il convenait de tenir compte des besoins non seulement de la région méditerranéenne, mais également des Balkans occidentaux et des régions d’Europe de l’Est.