
D’après les conclusions de la réunion, malgré tous les efforts d’intégration aussi bien européens qu’internationaux, la plupart des Roms vivent dans une pauvreté extrême, sont exclus de la société, ne jouissent pas pleinement de l’exercice de ses droits fondamentaux et sont confrontés à la discrimination. Par conséquent, dans la majorité des cas, les Roms n’ont pas accès à une éducation de qualité ni à un emploi décent, sont mal rémunérés, bénéficient de conditions de vie ainsi que d’un état de santé et de perspectives de vie particulièrement défavorables.
Cadre européen pour les stratégies nationales
La stratégie de l’Union pour les Roms fixera un cadre aux stratégies nationales d’intégration des Roms des Etats membres ou aux ensembles intégrés de mesures qu'ils ont mis en place dans le contexte de leurs politiques plus vastes d'intégration sociale visant à améliorer la situation des Roms. Les stratégies nationales pour les Roms doivent se concentrer sur quatre domaines : l’éducation, l’emploi, les services de santé et l’amélioration des conditions de logement. Les conclusions indiquent que la protection des droits fondamentaux est d’une importance clé dans l’amélioration de la situation des Roms et c’est dans cette perspective qu’il faut lutter contre la discrimination et la ségrégation.
Le texte adopté invite les Etats membres à élaborer (ou à mettre à jour) les stratégies nationales pour les Roms ou les politiques plus vastes d'intégration sociale d’ici 2011.
Il faut prendre en compte les besoins locaux
Etant donné que l’importance de la population rom et leur situation diffèrent dans chacun des Etats membres, les conclusions du Conseil relatives à la stratégie pour les Roms disposent que les politiques nationales pour l’intégration des Roms doivent s’adapter aux exigences locales.
Engagements concrets
Lors de la conférence de presse consécutive à la réunion du Conseil, Zoltán Balog, ministre délégué et représentant de la présidence hongroise, a déclaré que les conclusions adoptées sont « en effet une déclaration politique par laquelle tous les Etats membres se sont engagés à intégrer les points de vue des Roms dans leurs programmes nationaux de réforme, élaborés dans le cadre de la stratégie Europe 2020 ». M. Balog a souligné que ce faisant, la mise en œuvre des stratégies nationales pour les Roms serait vérifiable. En effet, dans leur programme national, dont la mise en œuvre est contrôlée par la Commission, les Etats membres doivent prendre des engagements quantifiables concrets, a expliqué M. Balog.
László Andor, commissaire à l’emploi et aux affaires sociales, a également souligné lors de la conférence de presse que lier la stratégie pour les Roms à la stratégie Europe 2020 « permettait un suivi rigoureux ». M. Andor a déclaré qu’ « il était très important que l’Union européenne joue un rôle clé dans le soutien aux efforts nationaux ».
M. Balog a affirmé : « La décision d’aujourd’hui était importante non seulement pour la présidence, mais aussi, je l’espère, pour l’Union européenne ». « On parle de l’intégration des Roms depuis tellement longtemps et le temps de l’action est enfin venu ». Il a souligné que lors de la réunion, « tous les Etats membres avaient plaidé pour le lancement immédiat de la réalisation de la stratégie pour les Roms ».
Aucune amélioration de la situation des Roms
« Il faut dire que ces 20 dernières années, la situation des Roms a suivi une évolution plutôt négative », a confié M. Balog. « Récemment la situation s’est davantage dégradée ».
Il a espéré que d’ici quelques années, les résultats de la stratégie pour les Roms seraient tangibles. « J’espère que les résultats seront visibles à mi-parcours de la stratégie Europe 2020 », a affirmé M. Andor, qui a souligné que « l’intégration des Roms relevait de la responsabilité des Etats membres, mais que la coopération européenne pouvait représenter une valeur ajoutée considérable ». « Si l’on n’œuvre pas en faveur de l’amélioration de la situation des Roms, d’autres Etats membres pourront également être affectés par ce problème », a ajouté le ministre délégué.
Décision finale au mois de juin
La stratégie-cadre pour l’intégration des Roms est l’un des objectifs prioritaires de la présidence hongroise et quatre formations du Conseil ont ainsi inscrit le débat du projet à l’ordre du jour. Le Conseil « Justice et Affaires intérieures » a abordé ce sujet le 12 avril. Après le Conseil « Emploi, Politique sociale, Santé et Consommateurs », c’est le Conseil « Education, Culture et Sport » qui le mettra à l’ordre du jour le 23 mai. Le Conseil « Affaires générales » en débattra quant à lui également le 23 mai. La présidence hongroise résumera les débats dans un rapport présidentiel. La stratégie-cadre pour le Roms sera approuvée lors de la réunion des chefs d’Etat et de gouvernement au mois de juin.