
Le Conseil des Affaires générales a donné, le 13 avril 2011, sa bénédiction à la Stratégie pour la région du Danube, ce qui signifie que la première partie des objectifs de la présidence hongroise liés à la Stratégie a été réalisée. Une réunion des coordinateurs était organisée par la présidence à Gödöllő, les 9 et 10 mai 2011, afin que les correspondants nationaux des quatorze pays associés à la Stratégie et les coordinateurs en charge des onze champs d’action puissent se préparer à la mise en œuvre de ladite Stratégie (lesdits coordinateurs ayant été désignés à Budapest, en février dernier, par Johannes Hahn, commissaire en charge de la politique régionale, et János Martonyi, ministre hongrois des affaires étrangères).
Mme Barsi-Pataky, commissaire du gouvernement en charge de la stratégie pour la région du Danube, a souligné que la réunion avait été organisée le 9 mai, à l’occasion de la journée de l’Europe, l’engagement des participants en faveur de ce projet devant selon elle lieu à une coopération qui soit également contraignante pour toutes les parties, ce qui « caractérise un projet vraiment européen ».
Le principe des « trois oui »
La Stratégie pour la région du Danube repose sur le principe des « trois non » : les pays s’y associant ne doivent, dans le cadre de sa mise en œuvre, ni créer de nouvelle institution, ni adopter de texte juridique, ni bénéficier de fonds communautaires à cet effet. Cependant, la présidence hongroise estime qu’il convient de compléter ce principe par le principe des « trois oui », afin de donner une orientation positive au projet. « Nous disons oui à une meilleure coordination, oui à une utilisation plus efficace des fonds existants et oui aux idées créatives », a affirmé Etelka Barsi-Pataky lors de la réunion de Gödöllő.
Johannes Hahn a également souligné, lors de la réunion, que les coordinateurs nationaux devaient faire valoir les intérêts de la région, et non ceux de leur propre pays. « La réussite de la Stratégie pour la région du Danube dépend de notre capacité à nous approprier la Stratégie ainsi qu’à définir des objectifs ambitieux et réalistes qui aient la même importance pour toutes les parties », a fait savoir M. Hahn. Cette coordination implique également, et il y va de la responsabilité des coordinateurs, de ne subventionner, dans le cadre de la Stratégie, que des projets ne servant pas uniquement des intérêts locaux. « Les projets de la Stratégie pour la région du Danube doivent répondre aux défis qui ne peuvent être relevés qu’au travers d’une coopération des pays participants », a rappelé le commissaire.
Dix à trente milliards d’euros d’ici 2013
Même si la Stratégie pour la région du Danube n’est dotée d’aucun financement au niveau de l’Union européenne ou de celui des Etats membres, Pál Völner, ministre délégué au sein du ministère du développement national, a estimé que des fonds pouvaient y être consacrés. « Ce montant s’élève, selon les estimations optimistes, à dix milliards d’euros et, selon des estimations pessimistes, à trente milliards d’euros, lesquels ne seraient pas prélevés des fonds structurels au cours de la période 2007-2013 », a expliqué M. Völner dans son allocution introductive.
Tout le monde s’est accordé à dire que ce montant représentait en lui-même une grande opportunité pour la région ; le ministre délégué a néanmoins rappelé qu’il existait des fonds communautaires mobilisables autres que les fonds structurels, notamment les fonds RTE-T dans le domaine des transports, qui offrent également d’autres possibilités.
Concernant l’avenir du financement, M. Hahn a précisé que les coordinateurs devaient d’ores et déjà démarrer leurs travaux pour pouvoir bénéficier des fonds du prochain budget pluriannuel. Le débat sur la composition du prochain cadre financier pluriannuel pour les sept prochaines années s’engageant à l’automne, il serait particulièrement important de définir d’ici là quels programmes pourraient être subventionnés au titre de la Stratégie pour la région du Danube.
Des résultats dans les dix prochaines années
Johannes Hahn a également fait savoir, lors de la conférence de presse, que la mise en œuvre de la Stratégie pour la région du Danube n’était soumise à aucun délai, son objectif étant de jeter les bases d’une coopération à long terme. Il convient néanmoins de définir un calendrier adapté aux plus de cent projets prévus par le plan d’action de la Stratégie, tâche qui pourrait, d’après le commissaire, être menée à bien au cours des deux prochains mois.
M. Hahn a estimé qu’une période de dix ans serait nécessaire pour que les habitants de la région du Danube constatent des changements concrets, pour peu la Stratégie soit mise en œuvre de manière satisfaisante. L’objectif de la présidence hongroise est de faire en sorte que tout soit prêt pour le mois de juin, moment où le Conseil européen confirmera la décision du mois d’avril, et que la présidence polonaise puisse engager sans plus attendre la mise en œuvre de la Stratégie.
