
« Dans les prochaines années, ce sommet du Conseil européen sera commémoré comme la réunion ayant ouvert la voie à l’adhésion de la Croatie », a déclaré M. Van Rompuy à l’issue du sommet, lors de la conférence de presse qui s’est tenue conjointement avec le président de la Commission et les premiers ministres hongrois et croate.
« J’ai l’honneur, au nom des vingt-sept chefs d’Etat et de gouvernement, de vous annoncer l’heureuse nouvelle de l’adhésion de la Croatie à l’Union européenne en tant que 28e Etat membre », a annoncé M. Van Rompuy à Jadranka Kosor, Première ministre croate.
Le Conseil européen a exprimé son soutien politique en faveur de la clôture des négociations d’adhésion avec la Croatie d’ici 30 juin afin que les Etats membres de l’Union européenne et la Croatie puissent signer le traité d’adhésion d’ici la fin de l’année 2011.
Van Rompuy : nous pouvons nous défaire des ombres du passé
« L’exemple de la Croatie illustre bien qu’une volonté politique, un consensus national solide et un travail engagé peuvent permettre de se défaire des ombres du passé et de parvenir à adhérer à l’Union européenne », a indiqué M. Rompuy. Le président du Conseil européen a ajouté qu’il était confiant quant au fait que la Croatie poursuivrait les réformes avec le même entrain jusqu’à la date de l’adhésion, voire au-delà, confirmant que l’Europe était ouverte à toute la région.
Barroso : un moment historique
Qualifiant ce moment d’historique, José Manuel Barroso, président de la Commission, a rappelé que le 10 juin, la Commission avait fait une proposition visant à clôturer les chapitres des négociations d’adhésion encore ouverts. Il a fait l’éloge du travail mené à bien par la Croatie, ayant permis à Zagreb de remplir les conditions strictes et d’adhérer ainsi à l’Union européenne en juillet 2013.
MM. Barroso et Van Rompuy ont tous deux remercié la présidence hongroise pour l’engagement dont elle a fait preuve afin de promouvoir les négociations d’adhésion avec la Croatie et ont également félicité Jadranka Kosor, Première ministre croate, pour le succès venant couronner la clôture des négociations.
Kosor : les réformes sont irréversibles
S’exprimant en faveur des réformes réalisées en vue de l’adhésion, Jadranka Kosor a précisé que « tous les changements menés à bien par la Croatie à des fins d’adhésion sont irréversibles » ; elle a notamment évoqué la réforme de la justice et la lutte contre la corruption. L’Union s’étant longtemps montrée insatisfaite des résultats de la Croatie, les négociations dans ces deux domaines s’étaient en effet avérées plus laborieuses. « Nous continuerons à travailler sans relâche non seulement jusqu’à la date de l’adhésion, mais également par la suite », a confié Mme Kosor.
Jadranka Kosor souligné que l’adhésion revêtait une importance particulière non seulement pour la Croatie, mais aussi pour tous les autres pays de la région, et que cette perspective pourrait les aider dans leurs efforts d’intégration. « L’intégration européenne est la seule solution qui assure une paix durable et une reprise économique », a-t-elle fait valoir.
Orbán : l’Union doit avoir le courage d’accueillir les Balkans occidentaux
Viktor Orbán, Premier ministre hongrois, a félicité le peuple ainsi que le gouvernement croates, et, à titre personnel, Jadranka Kosor, Première ministre croate, admettant que les négociations d’adhésion avaient parfois donné l’impression d’être dans l’impasse, ou du moins difficiles.
Lors de la conférence de presse de clôture de la réunion du Conseil européen qui s’était tenue plus tôt dans la journée, M. Orbán a déclaré que les Hongrois continueraient à jouer un rôle primordial dans le dossier des Balkans occidentaux. « Pour des raisons géographiques et historiques, c’est naturellement à la Hongrie que revient, parmi les Etats membres de l’Union européenne, la mission de promouvoir l’adhésion des pays des Balkans occidentaux à l’Union européenne. Nous en sommes conscients et l’adhésion de la Croatie nous a déjà permis de remplir aujourd’hui une partie de cette mission », a déclaré le Premier ministre.
« Nous souhaiterions faire en sorte qu’il y ait suffisamment de courage, d’optimisme et de persévérance au sein de l’Union européenne pour pouvoir intégrer cette enclave, ce territoire d’ores et déjà enserré par l’Union, dans la mesure où tous les pays voisins des Balkans occidentaux sont membres soit de l’OTAN, soit de l’Union européenne », a-t-il ajouté.

Péter Györkös est l’ambassadeur de la Hongrie auprès de l’Union européenne. Un diplomate sert son pays là où il est muté par ses supérieurs hiérarchiques, mais Péter Györkös a également des « attaches personnelles » avec sa mission actuelle : il y a maintenant vingt ans qu’il suit de près le processus de l’intégration européenne et qu’il y travaille, dans le cadre de ses missions.