
L'objectif principal de la Hongrie était de renforcer l'Union européenne, a rappelé M. Orbán aux députés, en tendant devant eux le programme de la présidence hongroise, publié dans un livre vert. « À mon avis, l'Union européenne est plus forte qu'elle ne l’était il y a six mois, bien qu'elle ait reçu trois coups à l’estomac », a-t-il déclaré. Il voulait ainsi évoquer la profonde crise de la zone euro, la catastrophe nucléaire au Japon et la crise en Afrique du Nord. « L'Union européenne a été en mesure de répondre rapidement et efficacement à ces événements, sans modifier son programme pour le semestre », a souligné M. Orbán.
Le Premier ministre a noté que les électeurs, qui sont loin de « la cuisine interne de l'Union », ne perçoivent pas le renforcement de l’Union en raison de l'aggravation de la crise de la zone euro, et en particulier de la crise grecque. Il a par conséquent incité les députés à trouver des solutions à ces problèmes dans les meilleurs délais.
Principaux résultats de la présidence
Enumérant les principaux résultats de la présidence visant à renforcer l'Union européenne, M. Orbán a évoqué le semestre européen en vue d’une harmonisation des budgets nationaux, les six propositions visant à réformer la gouvernance économique, la stratégie pour les Roms, la stratégie pour la région du Danube, la clôture des négociations d'adhésion avec la Croatie, le renforcement des frontières extérieures de la zone Schengen, « l’élaboration des dispositions nécessaires afin de stopper la migration», et les progrès importants réalisés en vue l'approfondissement et de l'élargissement de la coopération de Schengen.
« L'Europe dispose d’outils nécessaires à la prévention de crises dont elle ne disposait pas il y a encore six mois. Nous pourrons faire en sorte que la monnaie commune ne se trouve pas dans une position aussi difficile qu'elle ne l'est actuellement », a déclaré M. Orbán, ajoutant que les six propositions législatives visant à renforcer la gouvernance économique étaient « finalisées à plus de 95 % ».
Le Premier ministre a souligné, au sujet de la stratégie pour les Roms, qu’elle n'était pas seulement importante d’un point de vue humanitaire et au niveau des droits de l’homme, mais qu’elle permettait également d’intégrer des millions de citoyens européens sur le marché du travail. « Il s’agit du premier document qui considère l'existence de la communauté Rom non pas seulement comme un défi, mais qui y voit également une sérieuse opportunité et des réserves en termes de forces de travail » pour l'Union européenne, a dit M. Orbán.
En ce qui concerne la stratégie pour le Danube, il a insisté sur le fait que ce ne sont pas uniquement les États membres qui participent à sa mise en œuvre. Il a souligné à cet égard que la préparation intellectuelle avait déjà eu lieu, et que « si nous parvenions à lui donner un contenu, ce qui est probable, elle pourrait alors devenir un succès pour l'Union », a-t-il ajouté.
Le Premier ministre hongrois s’est également félicité de la clôture des négociations d'adhésion avec la Croatie. Il a estimé qu’elle offrait également des perspectives prometteuses à d'autres pays des Balkans occidentaux, précisant qu'il avait fait parvenir aux Premiers ministres des États membres, aux chefs des pays de cette région et à ceux des institutions de l'Union un mémorandum sur la politique des Balkans occidentaux.
Jerzy Buzek, Président du Parlement européen, a déclaré, après le discours de M. Orbán, que ce mémorandum contenait une vision et un programme stratégiques sur les Balkans occidentaux, et que l'intégration des pays des Balkans occidentaux dans l'Union signifiait selon lui l'achèvement de la réunification de l'Europe.
Rôle utile dans la coopération interinstitutionnelle
M. Orbán estime que la présidence hongroise a joué un rôle utile dans la coopération interinstitutionnelle, mettant en lumière l'accord sur l’association du Parlement européen au processus d’élaboration du budget pluriannuel. Rappelant « ses efforts personnels visant à résoudre les tensions interinstitutionnelles », le Premier ministre a signalé qu'il avait négocié, à treize reprises, avec Herman Van Rompuy, Président du Conseil européen, à treize reprises également avec le Président de la Commission, José Manuel Barroso, à neuf reprises avec M. Buzek, Président du Parlement européen.
M. Orbán a déclaré qu’il espérait que la présidence hongroise avait constitué une bonne préparation pour la présidence polonaise, et que les deux présidences consécutives confirmeraient que la décision prise il y a dix ans sur l'admission des pays d'Europe centrale avait été juste, et que « les pays d'Europe centrale avaient rendu l'Union européenne plus diversifiée, plus puissante et plus imaginative ».
Le Premier ministre hongrois a remercié la précédente présidence belge, qui avait bien préparé, par « son extraordinaire travail » le semestre de la présidence hongroise, le Président Buzek, qui a accordé son « soutien plein et entier » à l'objectif de la présidence hongroise, qui se voulait être l’« amie du Parlement », le Président Barroso, qui a permis de « discuter ouvertement et honnêtement même des questions les plus difficiles », et les députés du PPE ainsi que leur président, Joseph Daul, pour avoir créé « le contexte politique nécessaire à un travail paisible ».
Barroso : une présidence très compétente
M. Barroso a déclaré qu’il avait beaucoup apprécié le travail de la présidence hongroise. A l’issue du discours de M. Viktor Orbán, le président de la Commission a rappelé : « Malgré les circonstances défavorables, la présidence hongroise s’est montrée à la hauteur des défis, et a accompli un travail compétent en tant que président du Conseil ». M. Barroso a souligné que la présidence s’était montrée disposée à dialoguer avec le Parlement au sujet du budget pluriannuel.
Le Président de la Commissiona examiné les résultats financiers de la présidence hongroise, évoquant tout d’abord le marathon des négociations sur les six propositions législatives, soulignant qu’un accord final concernant la gouvernance économique était proche.
M. Barroso s’est félicité de l'accord conclu sur le brevet unitaire européen, « la contribution clé de la présidence hongroise ayant permis de faire en sorte que ce dossier n’en reste pas au point mort ». Il a également souligné que l'Union européenne devait continuer à investir dans l'avenir, et que la présidence hongroise avait aidé l'Union à cet égard.
Au sujet des négociations d'adhésion de la Croatie, il a rappelé l’important soutien que la présidence avait accordé à la Commission. Il s’est également félicité de l’engagement déterminé de la Hongrie en faveur de l'avenir des Balkans occidentaux.

Louanges et critiques lors du débat en séance plénière
A l’issue des discours de MM. Orbán et Barroso, plus de trente députés ont pris la parole lors du débat en séance plénière pour s’exprimer au sujet de la présidence hongroise.
Joseph Daul, président du PPE, a fait valoir que la présidence hongroise avait fait des progrès significatifs dans de nombreux domaines – économie, politique, politique étrangère – en dépit d’un contexte économique et politique difficile. Le fait que la Croatie ait reçu le feu vert à son adhésion est, selon M. Daul, une bonne nouvelle non seulement pour les Croates, mais également pour les autres peuples des Balkans. Remerciant tout particulièrement Enikő Győri, ministre déléguée en charge des affaires européennes et ancienne députée européenne, pour son travail, il s'est félicité de ce que la zone Schengen se soit ouverte afin d’accueillir la Bulgarie et la Roumanie.
Prenant la parole au nomdu groupe S&D, Hannes Swoboda a insisté sur l'adoption, par l'Union, de la stratégie pour les Roms, et a remercié la présidence hongroise, qui est parvenue à prendre des décisions dans de nombreux sujets. Se référant à l’adoption de la nouvelle loi hongroise sur les médias ainsi que de la nouvelle constitution, il a cependant déclaré que la Hongrie n'était pas parvenue à remplir l’autre mission de la présidence, à savoir celle de servir de modèle pour les autres États membres.
S’exprimant au nom de l'ALDE, Alexander Lambsdorff a déclaré que la présidence était parvenue à une longue série de résultats à la fois importants et remarquables, tout en étant d'avis qu’un engagement plus net de la part de la présidence aurait été nécessaire afin de protéger l'acquis de Schengen. Le député a spécialement remercié János Martonyi, ministre des affaires étrangères, ainsi que Enikő Győri pour leur excellent travail, tout en exprimant ses regrets pour « l'ombre que la loi sur les médias avait jetée sur la présidence ». M. Lambsdorff a par ailleurs estimé que les recommandations de la Commission de Venise auraient dû être suivies lors de l’adoption de la constitution hongroise.
Daniel Cohn-Bendit, co-président des Verts, a vivement critiqué le Premier ministre hongrois pour avoir comparé, lors d'un discours qu’il avait tenu en Hongrie au cours du semestre, les décisions prises à Bruxelles aux « diktats de Vienne » sous la Monarchie austro-hongroise, et aux « diktats de Moscou » sous le socialisme. Il a certes critiqué la loi sur les médias et la constitution, mais a cependant salué le travail que la présidence avait mené à bien au niveau des fonctionnaires.
Lors de son discours, à l’issue de la séance plénière, Maroš Šefčovič, Vice-président de la Commission européenne chargé des relations interinstitutionnelles et de l’administration, a attiré l’attention sur le fait que la loi sur les médias et les débats sur la nouvelle constitution hongroise détournaient l'attention des réalisations de la présidence hongroises. M. Šefčovič a déclaré que le rapport de la Commission de Venise sur la constitution hongroise ferait l’objet d’une analyse approfondie, mais que la constitution, qui entrera en vigueur en 2012, n'était pas considérée en elle-même comme incompatible avec le droit communautaire.
Orbán a réfuté les critiques
Lors de son deuxième discours en réaction au débat, M. Orbán a déclaré, réagissant aux interventions en plénière, que « la présidence hongroise avait d’emblée dû faire face aux attaques des partis de gauche », et que « sans le soutien du PPE, la présidence hongroise n'aurait pas pu se clôturer sur un succès ».
Il a réfuté les critiques formulées à l’encontre de la nouvelle constitution hongroise et a souligné que « la constitution hongroise était, de par sa nature, une constitution européenne moderne ». Déterminé, il a déclaré : « Nous tenons à ce que la constitution soit élaborée par les Hongrois ».
Buzek : la stratégie pour les Roms peut servir l’intégration d'autres minorités
Lors de la conférence de presse consécutive au débat en séance plénière, Jerzy Buzek a tout particulièrement remercié la présidence hongroise pour le compromis interinstitutionnel qu’elle avait permis de conclure au sujet du cadre financier pluriannuel. « Vous avez mis au point une façon réellement nouvelle d’aborder le problème des trois institutions », a déclaré le Président du Parlement européen.
Le Premier ministre hongrois a déclaré à ce propos qu'il était très fier de ce compromis, en ajoutant : « Le mode de coopération est désormais défini par cette innovation hongroise ».
Dans son évaluation des résultats de la présidence, M. Buzek a fait valoir que la stratégie pour les Roms pourrait à l'avenir servir l'intégration sociale de n’importe quelle autre minorité en Europe.
En réponse aux critiques visant le« double langage » du Premier ministre hongrois, M. Buzek a déclaré : « Il est très important que la Commission européenne vérifie toutes les solutions déployées par les États membres. (...) Si nous constatons qu’en vertu des règles de l'Union européenne, il est nécessaire de changer tel ou tel élément, alors la proposition de la Commission européenne s’avère toujours très stricte ».
Le Président du Parlement a par ailleurs rappelé que le gouvernement hongrois avait, sur la base des propositions de la Commission concernant la loi sur les médias, modifié la loi en question.
