
La décision politique en matière d’adhésion de la Croatie a été adoptée, ce qui est une bonne chose pour l’Union européenne, pour les Croates ainsi que pour les Balkans, a affirmé M. Orbán à l’issue du sommet du Conseil européen, lors de la conférence de presse qu’il a donnée conjointement avec Herman Van Rompuy, Président du Conseil européen, et José Manuel Barroso, président de la Commission. Dressant le constat que l’Union, « après avoir longuement hésité, avait mis en marche le mécanisme de l’élargissement », il a souligné, en réponse à une question, que la clôture des négociations d’adhésion avec la Croatie constituait « un message prometteur pour l’ensemble des pays des Balkans ».
Le Premier ministre a fait valoir que l’Union européenne était devenue plus forte durant le semestre de la présidence hongroise, malgré « les trois coups qu’elle avait reçusen plein coeur à l’estomac », à savoir la tragédie au Japon, les bouleversements en Afrique du Nord et la crise de la zone euro. En dépit de ces trois coups, l’Union européenne est devenue plus forte, a souligné le Premier ministre.
Les six propositions législatives sont à portée de main
Tout en soulignant que la réforme de la gouvernance économique était désormais à portée de main, M. Orbán a vivement espéré, au sujet des six textes législatifs visant à renforcer la gouvernance économique, trouver « dans les semaines à venir » une solution à la seule question restée en suspens. Il a souligné que le Parlement européen avait présenté 2019 propositions d’amendements aux six textes législatifs et que des accords avaient été trouvés sur 2018 de ces propositions. « Il ne reste qu’une seule question en suspens et nous espérons que celle-ci pourra également être réglée dans les semaines à venir », a-t-il ajouté.
M. Orbán s’est félicité de ce que le Conseil ait approuvé la première stratégie pour les Roms dans l’histoire de l’Union européenne, stratégie qui « offre une chance aux Roms de devenir des citoyens reconnus et utiles de l’Union ».
Il s’est déclaré satisfait du renforcement de la stratégie pour le Danube, rappelant que ladite stratégie concernait une région qui avait souvent été le théâtre de conflits au cours de l’histoire.

La Hongriea réparé ses erreurs
Remerciant les présidents Van Rompuy et Barroso d’« avoir soutenu de tout cœur » la réalisation des objectifs de la présidence hongroise, M. Orbán a déclaré que la présidence hongroise avait, au travers de son action, corrigé les « erreurs » que la Hongrie avait commises par le passé. Il a rappelé à cet égard que la Hongrie avait également contribué à l’affaiblissement de l’Union en affirmant: « nous avons été les premiers à nous effondrer ».
« La Hongrie contribue aujourd’hui non pas à la faiblesse de l’Union européenne, mais à sa force », a affirmé le Premier ministre. « Je considère, et ce également du point de vue hongrois, que la présidence hongroise a été un grand succès et j’espère que la politique européenne de la Hongrie se poursuivra dans cette direction», a déclaré M. Orbán.
Reconnaissance de Van Rompuy et de Barroso envers la présidence hongroise
A l’occasion de la même conférence de presse, M. Van Rompuy a félicité Viktor Orbán « pour l’excellent travail qu’il a accompli pendant la présidence hongroise ». « Nous avons très bien collaboré et c’est avec plaisir que je continuerai à travailler avec vous au sein du Conseil européen », a ajouté M. Van Rompuy. M. Barroso a également fait l’éloge du niveau de préparation et de professionnalisme de la présidence hongroise, du gouvernement et de l’équipe de la présidence, saluant le travail accompli au cours de ce semestre.
L’Union propose un partenariat aux pays d’Afrique du Nord
Le président du Conseil européen a fait savoir que l’Union souhaitait continuer à jouer un rôle essentiel dans les événements historiques qui sont en cours en Afrique du Nord et au Proche-Orient. « Le printemps arabe n’aurait pas pu se produire sans l’Europe, mais sans nous, il n’y aura pas d’été arabe », a souligné M. Van Rompuy.
Alors que les dirigeants de l’Union proposent un partenariat aux pays de la région afin qu’ils soutiennent les réformes démocratiques et économiques, le président a déclaré : « Nous misons sur les performances et les besoins individuels de nos partenaires : moins pour moins et plus pour plus ».
Grèce
Le débat que les Etats membres ont mené sur les problèmes économiques de l’Europe s’est distingué, selon le président de la Commission, par une franchise et une honnêteté jamais vues jusqu’à présent. « A propos de la Grèce, nous avons montré que nous étions capables de trouver une solution quand cela s’avérait nécessaire, ce qui était d’autant plus important que cela prouve que la nouvelle méthode que nous avons mise au point en matière de politique économique fonctionne », a affirmé M. Barroso.
Le président de la Commission a souligné que la clôture du semestre européen marquait le début de la phase où les Etats membres devaient mettre en œuvre conjointement les orientations adoptées. « La Commission présentera ces résultats dans son prochain rapport annuel sur la croissance », a-t-il indiqué.

Renforcement de l’acquis de Schengen
Plaidant pour le droit à la libre circulation des personnes, liberté fondamentale de l’Union sur laquelle repose également le système de Schengen, M. Barroso a estimé que le Conseil européen n’avait pas cédé à la pression croissante ces derniers temps et qu’au lieu de restreindre ce droit, il avait confirmé qu’il constituait l’un des acquis les plus importants de l’Union européenne.
Nécessité de la présidence tournante
En réponse aux questions des journalistes, M. Barroso a déclaré qu’il était important que le nouveau traité de l’Union ait préservé l’institution de la présidence tournante en sus du président permanent, car elle permet de rapprocher les citoyens de l’Union. « Je suis persuadé que nous avons également, en Hongrie, évoqué l’Europe plus souvent au cours de ces six derniers mois », a affirmé le président.
Viktor Orbán a ajouté que sur la base de ses propres expériences, il estimait que la répartition du travail entre les institutions telle qu’établie par le traité de Lisbonne était efficace, car elle n’excluait pas « la possibilité, pour la présidence, de jouer des muscles » parallèlement aux deux institutions fortes, à savoir la Commission et le Conseil européen.
Le Premier ministre a par ailleurs souligné que la coopération dépendait des personnes, en affirmant : « Je pense qu’aucune garantie juridique ne peut assurer une coopération efficace entre le président tournant et le président permanent ; cela dépend des personnes ». L’Europe a non seulement besoin de dirigeants forts mais également de personnes capables de coopérer efficacement sur le plan personnel ; si cette dernière condition est remplie, alors la nouvelle structure fonctionnera bien, a assuré M. Orbán.
Coopération hongro-polonaise
En réponse à une question, le Premier ministre a souligné que les préoccupations de la présidence hongroise ne seraient pas complètement abandonnées après le 30 juin, car la présidence polonaise, qui fait certes partie d’un nouveau trio, coopérerait avec la Hongrie. « Il y a un accord informel entre le Premier ministre polonais et moi-même visant à mettre en place un duo hongro-polonais, manière dont nous avons déjà travaillé au cours de ce semestre », a déclaré M. Orbán.
