
Le Conseil « Affaires générales » compte mettre la Stratégie pour la région du Danube à l’ordre du jour de sa réunion du 13 avril et les ministres adopteront des conclusions sur le sujet. Les objectifs de la présidence hongroise en ce qui concerne la Stratégie seront-ils ainsi réalisés?
Oui, la Stratégie pour la région du Danube est en effet arrivée à un stade important. Grâce au travail de préparation accompli par la présidence, les Etats membres sont parvenus à un accord sur les principales orientations et sur le mode de mise en œuvre de la stratégie, que les ministres approuveront vraisemblablement le 13 avril. A ce stade, l'objectif principal qu’avait fixé la présidence hongroise sera réalisé, puisqu'un accord politique aura été trouvé entre les Etats membres. Cette volonté commune permet d’envisager une région du Danube viable et prospère, qui se concrétisera par ailleurs dans le cadre d'une coopération européenne à long terme.
La présidence hongroise s’est néanmoins également engagée à préparer le terrain pour la mise en œuvre effective de la Stratégie pour la Région du Danube. Il y va de notre intérêt à tous, dans la région, que la coopération régionale apporte des résultats visibles et tangibles cette année encore et nous ne devons pas perdre de temps à cet égard.
Au début du mois de mai, nous rencontrerons nos partenaires européens à Gödöllő, lors de la Journée de l’Europe, afin de débattre de la mise en œuvre de la Stratégie lors d’une conférence de haut niveau de la présidence. Nous avons donc d'autres objectifs et j’espère pouvoir rendre compte des autres résultats dès la fin du semestre de la présidence hongroise, en juin.
Vous avez également souligné que le projet du texte des conclusions du 13 avril était le fruit de longues tractations menées en coulisses. Tous les Etats membres ont-ils également approuvé la version qui sera soumise aux ministres? Dans quels domaines peut-on encore s’attendre à des discussions?
La présidence hongroise a fait des efforts considérables pour que tous les Etats membres puissent s’identifier aux objectifs communs qui ont été formulés en ce qui concerne la région du Danube. Ces derniers mois, des réunions régulières ont eu lieu à Bruxelles ainsi que dans les autres pays de la région. Nous avons également organisé, à plusieurs reprises, des rencontres personnelles et bilatérales avec nos partenaires. Nous espérons donc que cette préparation minutieuse permettra d’éviter, à l'avenir, toute discussion de fond sérieuse sur la Stratégie.
Il va de soi que la stratégie doit encore être mise en œuvre au niveau des programmes et des projets. La présidence hongroise a déjà engagé, ces dernières semaines, les préparatifs de la mise en œuvre des programmes, en coopération avec les institutions compétentes de l’Union et des Etats membres. Dans le cadre de ce processus, nous aurons encore bien sûr des réunions sur des points pratiques et nous serons sans doute également amenés à discuter des engagements quantitatifs qui devront être pris, ainsi que de leur échelonnement.
L’un des principaux éléments de la discussion concerne la manière dont nous pouvons garantir la navigation tout en tenant compte des spécificités du Danube. Nous nous efforcerons de faire émerger une solution consistant à renouveler et à restructurer les flottes de navires plutôt qu’à transformer le lit de la rivière. Nous espérons que la présidence hongroise pourra également, dans le cadre d’un dialogue constructif, doter ce processus d’orientations claires.
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Dans quelle mesure le document élaboré par la présidence est-il différent des conceptions initiales présentées par la Commission en décembre 2010?
Le document publié à la fin de l’année dernière par la Commission repose essentiellement sur les conceptions des pays associés à la Stratégie pour la région du Danube. C’est sur cette base que le document soumis par la présidence au Conseil « Affaires générales » avalisera la Stratégie pour la région du Danube, en prenant acte du plan d’action proposé par la Commission européenne, lequel prévoit des mesures concrètes dans onze domaines spécifiques, comme par exemple la gestion des eaux du Danube et de ses affluents, la gestion commune des risques environnementaux dans la région ou la production d’énergies plus durables dans les pays de la région.
Le document de la Commission élaboré sous la direction de la présidence hongroise assigne également comme principal objectif aux Etats membres que la stratégie définisse des objectifs financiers réalisables dans les domaines susmentionnés. Objectifs devant notamment contribuer, dans une large mesure, à améliorer les conditions de vie des citoyens de la région du Danube, à relancer l’économie de la région et à préserver le bassin tout à fait unique que le Danube représente pour la région. Au niveau de ces objectifs quantitatifs, le Conseil souhaite aller au-delà de la conception que prévoyait le document original de la Commission.
Vous n’avez de cesse de répéter, dans vos interventions publiques, que l’objectif de la présidence ne consiste pas en la création de nouvelles structures bureaucratiques mais bien en « une mise en œuvre coordonnée ». Qu’est-ce que cela veut dire au juste?
Comme je viens de le dire, nos efforts de coopération dans le cadre de la Stratégie pour le Danube relèvent de onze domaines. Il y a encore de nombreux domaines où une coopération et une mise en œuvre à valeur certes tout à fait symbolique mais malgré tout coordonnées peuvent permettre d’engranger d’importants résultats pour la région, comme par exemple dans le domaine des réseaux de transport.
Dans le cadre de la stratégie, nous serons en mesure de décider, ensemble, au niveau macro-régional, quels sont, dans la région du Danube, les corridors de transport les plus importants auxquels nous allouerons des fonds dans le cadre des prochaines perspectives financières de l’Union. Si nous parvenons à assurer une coordination efficace de la planification ainsi que de l’utilisation des fonds, dans le cas, notamment, des interconnexions Sud-Nord manquantes, nous pourrons ainsi accroître la compétitivité de la région.
En matière de coopération macro-régionale, il n’y a qu’un seul précédent à la Stratégie pour le Danube, à savoir la Stratégie pour la région de la mer Baltique. Cette coopération a été décidée en 2006 mais sa mise en œuvre n’a cependant débuté qu’en 2009, sous présidence suédoise. L’Union peut-elle également tirer profit d’expériences antérieures dans le cadre de la Stratégie du Danube?
L’évaluation de la Stratégie de la région de la mer Baltique est en cours, raison pour laquelle nous ne disposons pas encore actuellement des premiers résultats complets. Nous avons bien sûr eu des réunions, nombreuses et régulières, avec nos collègues de la région de la mer Baltique pour évoquer leurs expériences. C’est également un des objectifs de la conférence de Gödöllő qui aura lieu au mois de mai. Je tiens cependant à souligner que dans le cadre de la Stratégie pour le Danube, nous mettons nous mêmes au point de nombreux éléments, en fonction de conceptions qui nous sont propres, ce qui constitue le plus grand défi pour les partenaires associés à ces travaux.