
C’est tout un symbole qu’une conférence sur l’avenir de la politique de cohésion ait été organisée à Budapest au milieu du semestre de la présidence hongroise. Ce domaine prioritaire pour la présidence hongroise fait en effet partie de la politique commune européenne depuis 25 ans, mais c’est la première fois qu'il est élevé au rang d’objectif prioritaire d’une présidence en exercice.
Fellegi : nous sommes sur la bonne voie vers un consensus
Comme l’a affirmé Tamás Fellegi, la politique de cohésion est importante pour la présidence hongroise car ce domaine a un impact direct sur la manière dont est déterminé l’avenir de l’Union européenne. Etant également des objectifs de la stratégie Europe 2020, la compétitivité, la création d’emplois et la stimulation de la croissance économique ne peuvent être mises en œuvre sans une politique de cohésion intégrée efficace.
« Nous avons pour l’instant respecté le calendrier de la réalisation des objectifs en matière de politique de cohésion que nous nous sommes fixés au début de la présidence et nous sommes sur la bonne voie pour parvenir à un consensus entre les Etats membres sur cette question d’ici la fin de la présidence », a estimé M. Fellegi. La présidence hongroise s’efforce d’élaborer un accord entre les Etats membres sur les principes et les objectifs principaux de la politique de cohésion avant même les négociations sur les prochaines perspectives financières pluriannuelles. Ainsi la prochaine présidence tournante polonaise ne devrait-elle traiter que des aspects relatifs au contenu de cette politique, comme par exemple le mécanisme de sélection des objectifs de développement ou la garantie de l’efficacité de l’utilisation des fonds.
Tamás Fellegi est d’avis que les 25 dernières années ont prouvé que l’idée de base ainsi que le mode de mise en œuvre de la politique de cohésion étaient également pertinentes, ce dont témoignent les résultats atteints par les Etats membres. Cela est particulièrement vrai dans le cas des pays qui, à l’instar de la Hongrie, ont adhéré à l'Union lors du dernier élargissement. « La Hongrie ne serait pas aujourd’hui dans la situation où elle en est en 2011 sans la politique de cohésion de l’Union », a souligné M. Fellegi. M. Róbert Homolya, vice-président de l’Agence nationale du développement, a confirmé le constat dressé par le ministre, en indiquant que la Hongrie couvrait 40 % de la population dans le domaine de gestion des déchets et de canalisation des eaux usées, et 30 % dans le domaine de l’épuration de l’eau potable, et ce grâce aux fonds de cohésion.
La politique de cohésion ne peut pas être discriminatoire
Danuta Hübner, présidente de la commission du développement régional du Parlement européen, également ancienne commissaire au développement, a souligné que chaque région de l’Union devrait être évaluée sur la base des mêmes critères et cette politique ne devait pas devenir un organisme de charité venant en aide aux régions plus pauvres. Tout à fait d’accord sur ce point, M. Fellegi a estimé que la solidarité devrait constituer la priorité dans le domaine de la politique de cohésion.
« Aucune région ne devrait être exclue de la politique de cohésion, qui doit s’étendre sur tout le territoire de l’Union, sans discrimination », a indiqué Tamás Fellegi. Cela veut dire apporter une aide, d’une part, aux régions moins développées de manière à ce qu’elles puissent rattraper leur retard, et, d'autre part, aux régions plus avancées de manière à ce qu’elles puissent accroître leur compétitivité. La politique de cohésion est l'unique instrument intégré permettant d’atteindre ces objectifs, doté de concepts stratégiques adaptés et d'un budget s’élevant à 35 % du budget total de l’Union.
Au nom de la Commission, le commissaire Johannes Hahn a remercié la présidence hongroise pour son travail et pour ses efforts visant à placer la politique de cohésion au premier plan d’une réflexion commune. Il a confié que même si un tiers du budget de l’Union était consacré à la politique de cohésion, elle n’avait pas jusqu’à présent fait l’objet de l’attention qu’elle mérite. Mme Hübner a également félicité la présidence hongroise pour son approche, en espérant que cet enthousiasme serait aussi l’apanage de la présidence polonaise au deuxième semestre de cette année, et que toutes les institutions envisageraient la politique de cohésion en fonction de l’importance qui est la sienne.