
« Au cours des derniers mois, l’Union européenne et les Etats membres ont mis à disposition une aide humanitaire d’urgence d’un montant de 96 millions d’euros environ et nous sommes disposés à fournir une aide supplémentaire si la situation l’exige », a déclaré la ministre déléguée. Elle a précisé que les pays les plus touchés avaient reçu une aide sous forme d’argent et d’équipements ainsi que l’assistance d’experts. La Commission a pour sa part récemment annoncé que l’Italie et Malte pourraient bénéficier d’un montant de 25 millions d’euros provenant du fonds d’urgence. Certains Etats membres, parmi lesquels la Hongrie, se sont par ailleurs montrés disposés à réinstaller des réfugiés se trouvant à Malte, a ajouté Mme Győri.
Outre ces mesures, le Conseil réaffirme également sa volonté de contribuer au développement du Système d’asile européen commun, les travaux étant actuellement en cours au sein du Conseil et au Parlement, a précisé la ministre déléguée.
La ministre déléguée a également attiré l’attention des députés sur l’opération au nom de code « Hermès » de l’agence européenne Frontex pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures, laquelle a été menée à la demande du gouvernement italien dans les eaux côtières de l’Italie à la suite des événements survenus en Afrique du Nord. Le Conseil a demandé aux Etats membres une aide supplémentaire pour l’agence Frontex, son renforcement constituant une priorité importante, a-t-elle ajouté.
Protection de la libre circulation des citoyens
Enikő Győri a souligné que les événements survenus en Afrique du Nord n’affectaient pas seulement les frontières extérieures de l’Union, mais également la libre circulation au sein des frontières intérieures. Elle a indiqué à ce propos que selon la présidence, la libre circulation au sein de la zone de Schengen représentait un acquis considérable. Elle a assuré le Parlement de ce que la présidence et les Etats membres avaient l’intention de préserver et de défendre la libre circulation des citoyens de l’Union.
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Mme Győri a déclaré que lors de la réunion extraordinaire du Conseil « Affaires intérieures » du 12 mai, la présidence proposerait un débat sur la communication de la Commission du 4 mai, dans laquelle la Commission a proposé d’introduire un mécanisme destiné à être utilisé en dernier recours dans des situations réellement critiques, et qui permettrait le rétablissement provisoire et organisé du contrôle des frontières intérieures selon des critères objectifs, tout en respectant la méthode communautaire. La révision du mécanisme d’évaluation de Schengen donnera également au Conseil l’occasion de débattre des projets de la Commission portant sur les lignes directrices permettant de garantir une mise en œuvre et une interprétation cohérentes des dispositions de Schengen, a expliqué la ministre déléguée.
Mme Győri a réaffirmé la position de la présidence hongroise, à savoir qu’il fallait établir une distinction entre les réfugiés politiques vulnérables et les migrants économiques illégaux. L’Europe devrait aider les pays d’Afrique du Nord, mais les problèmes démographiques des sociétés européennes en proie au vieillissement de la population ne devraient pas être résolus par l’immigration, mais par l’aide aux familles, a-t-elle ajouté.
Aucune aide à la destruction de Schengen
Dans son discours de clôture, Enikő Győri a de nouveau fait savoir que la présidence hongroise protègerait les acquis de Schengen. « Nous n’aiderons personne à détruire le système Schengen ; la présidence hongroise résistera àtoute tentative en ce sens », a-t-elle affirmé.
Mme Győri a souligné que l’amélioration du système Schengen était depuis longtemps à l’ordre du jour. Elle a répété, dans le droit fil de la communication de la Commission du 4 mai, que la présidence hongroise estimait que les contrôles aux frontières intérieures ne pouvaient être réintroduits que de manière coordonnée et temporaire, selon des critères objectifs et dans le respect de la méthode communautaire.
Reconnaître les efforts de la Bulgarie et de la Roumanie
La présidence hongroise distingue clairement la question de la modernisation du système Schengen de celle de son élargissement, a déclaré Enikő Győri. Elle a souligné que « personne ne devait sous-estimer les efforts de préparation de la Roumanie et de la Bulgarie ». Elle a rappelé aux députés que la Roumanie avait déjà été considérée comme prête sur le plan technique au mois de février et que la Bulgarie s’était vu assigner des tâches qu’elle avait menées à bien depuis lors. « J’espère que nous pourrons, sous la présidence hongroise, annoncer au Conseil que les deux pays ont rempli les critères techniques du système Schengen ; la décision politique devra être prise lorsque les Etats membres seront prêts », a déclaré la ministre déléguée. « Nous essayons de trouver une solution qui satisfasse toutes les parties concernées », a-t-elle ajouté.