
Intervenant au nom de Catherine Ashton, haute-représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, M. Németh a exposé la position du Conseil. Il a ainsi déclaré, en ce qui concerne les trois pays arabes, que la politique de l’Union européenne était fondée sur trois principes qui consistaient à inviter les aux gouvernements à gérer les manifestations de masse de manière pacifique, à encourager le dialogue social et, enfin, à garantir le soutien de l'Union en faveur des réformes qui se font jour au sein du pays.
M. Németh a déclaré, au sujet de la Syrie, que « la répression brutale exercée lors de ces manifestations était tout à fait inadmissible ». Il a rappelé aux députés que Mme Ashton avait déjà invité, à maintes reprises, les autorités syriennes à mettre un terme au recours à la force et à respecter le droit de manifester pacifiquement.
Il a critiqué le président syrien, Bachar el-Assad, qui, dans son discours du 30 mars, « ne faisait mention ni d’un programme de réformes clair ni d’un calendrier de mise en œuvre des réformes. » Il a souligné que « l’Union européenne continuerait d’exercer une pression sur la Syrie afin qu’elle mette en place des réformes sans plus attendre ». Il a affirmé que l’Union attendait des réformes réelles, « et pas uniquement des mesures superficielles ».
M. Németh s’est déclaré d’avis que la situation au Yémen « continuait de susciter des inquiétudes ». Il a rappelé aux députés que par suite « des terribles violences du 18 mars », la haute-représentante, Mme Ashton, suivie, le 21 mars, par le Conseil « Affaires étrangères », avaient condamné la violence exercée à l’encontre des manifestants. Le ministre délégué a qualifié de « peu clairs » les messages envoyés depuis par les dirigeants yéménites. Il a souligné que « l’Union européenne avait participé et souhaitait continuer à participer, avec ses partenaires internationaux, aux efforts visant à atténuer la dangereuse crise du Yémen. »
En ce qui concerne le Bahreïn, M. Németh a indiqué que la « situation dans les rues s'était quelque peu normalisée mais qu’elle demeurait tendue, sur fond de poursuite des arrestations ». Il a rappelé aux députés européens que l’Union et la haute-représentante « avaient ouvertement condamné le recours à la force à Bahreïnet avaient demandé aux autorités et aux forces de l’ordre de respecter les droits de l’homme et les libertés fondamentales ». Le ministre délégué Németh a souligné que l’Union avait toujours plaidé en faveur d’un dialogue à Bahreïn, message que la haute-représentante souhaiterait transmettre à la réunion du Conseil de coopération du Golfe qui aura lieu prochainement.
Quatrième conférence de l’ONU sur les pays les moins développés
Zsolt Németh, ministre délégué auprès du ministère des affaires étrangères, a exposé la position du Conseil au sujet de la Quatrième conférence de l’ONU sur les pays les moins développés, qui se tiendra à Istanbul, du 9 au 13 mai.
L’Union estime que la conférence d’Istanbul doit se concentrer sur trois questions : la lutte en vue de réduire la vulnérabilité économique des pays les moins développés, l’établissement de conditions favorables au développement durable de ces pays et un soutien en faveur de leur croissance économique durable et inclusive, a souligné M. Németh.
Le ministre délégué a précisé que l’Europe avait toujours été à la pointe en matière d’aide en faveur des pays les moins développés. C’est ainsi l’Europe qui accorde les aides les plus importantes à ces pays et cette assistance n’est pas purement financière : l’Union les soutient également par d’autres moyens, tels que l’ouverture des marchés ou l’annulation des dettes.
Au cours des dix dernières années, les pays les moins développés ont connu un développement irrégulier, en particulier dans la zone subsaharienne, a souligné le ministre délégué, qui a insisté sur le fait qu’il fallait améliorer l’efficacité du mécanisme d’aide et que les économies émergentes devaient également participer, de manière proportionnelle, à l’aide aux pays les moins développés.
De par le monde, 49 pays sont actuellement classés parmi les moins développés : 33 pays d’Afrique, 15 pays d’Asie et de l’Océan Pacifique et 12 petits pays insulaires. En raison de la faiblesse de leur économie et de conditions naturelles souvent défavorables, ces Etats sont particulièrement vulnérables aux chocs économiques extérieurs ainsi qu’aux catastrophes naturelles ou d’origine humaine. Ce sont au total 815 millions d’habitants qui vivent dans les pays les moins développés.