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« J’ai souligné avec force que l’une des priorités de notre présidence était de faire progresser le processus d’élargissement. Ce processus revêt une valeur stratégique, qui rend l’Europe plus forte », a fait valoir János Martonyi dans une intervention devant les députés au Parlement européen, ajoutant que ce processus devait être crédible et viable. « Nous l’exigeons, et c’est ce que nous proposons ». A propos des réalisations de la présidence hongroise, il a souligné que les travaux devaient également se poursuivre sous les prochaines présidences, dans la mesure où le processus d’élargissement est de l’intérêt commun aussi bien de l’Union européenne que des pays candidats.
« La devise de la présidence hongroise étant une « Europe forte », c’est dans ce contexte que nous avons placé l’élargissement. Nous avons insisté sur le fait qu’une Europe forte était, à bien des égards, résolument plus forte qu’une Europe qui ferme ses portes au monde extérieur », a souligné le ministre des affaires étrangères.
« Un facteur essentiel à cet égard tient à la bonne coopération entre les institutions », a fait valoir JánosMartonyi, en louant aussi bien la Commission que le Parlement européen pour le travail à la fois excellent et déterminant qu’ils avaient réalisé. « S’il y a, aujourd’hui ou à l’avenir, des résultats, ce sera largement dû à cette coopération particulièrement fructueuse entre les institutions », a-t-il ajouté.
Clôture des négociations avec la Croatie d’ici le 30 juin
János Martonyi a fait savoir que la présidence hongroise s’était toujours voulue optimiste quant à une clôture des négociations d’adhésion avec la Croatie d’ici le 30 juin, évoquant tant le Conseil « Affaires générales » du 21 juin que le Conseil européen comme étant d’importants espaces de discussions afin d’aborder les questions en suspens. « Nous approchons de la ligne d’arrivée et je ne saurais présager de rien », a-t-il déclaré devant les députés européens, tout en soulignant qu’il y avait une chance de clôturer le processus d’adhésion d’ici la fin du mois de juin. « La clé de ce processus est entre les mains des parlements des Etats membres », a affirmé le ministre des affaires étrangères, faisant valoir que les projets de position commune présentés la semaine dernière par la Commission devaient également être avalisés par les Etats membres.
Les eurodéputés se sont félicités de ce que la Croatie fasse l’objet d’une surveillance (monitoring) jusqu’à la date de son adhésion et le ministre des affaires étrangères a affirmé que la Croatie elle-même était d’accord sur ce point. « Certaines questions techniques doivent encore être éclaircies, mais nous continuons à travailler », a-t-il assuré devant l’assemblée.
Magie du processus
Le succès ou l’échec d’un seul pays aura un effet considérable sur les autres pays candidats, a fait valoir M. Martonyi, affirmant que les progrès accomplis par la Croatie avaient également amené les autres pays à redoubler d’efforts. « Si l’on pense à la Serbie, il est évident que ce pays a également fait un pas en avant. C’est là toute la magie du processus. Ils prennent note du message, rassemblent leurs forces, puis ils réagissent », a soutenu le ministre des affaires étrangères.
János Martonyi a fait l’éloge du dialogue en cours entre Pristina et Belgrade, le qualifiant de grand pas en avant, tout en soulignant l’importance de la perspective européenne alimentant les pourparlers. Il a également cité, à titre d’exemple du renouvellement de ces processus, le cas du Monténégro. Il a salué, à cet égard, du programme d’action élaboré par le gouvernement monténégrin et a espéré qu’une date de début des négociations pourrait bientôt être fixée.
M. Martonyi a déclaré qu’il prenait la mesure des évolutions récentes en ce qui concerne la question du nom opposant la Grèce et l’ancienne république yougoslave de Macédoine (ARYM). « Nous croyons savoir que les positions se sont fortement rapprochées et nous sommes convaincus que ce rapprochement illustrera les conclusions à tirer de la géométrie moderne, à savoir que deux droites parallèles peuvent un jour se rencontrer », a-t-il déclaré.
En ce qui concerne la Turquie, le ministre des affaires étrangères a qualifié d’« improbable » l’ouverture, par la présidence hongroise, de nouveaux chapitres de négociations dans les deux semaines à venir, tout en se prononçant explicitement en faveur du maintien de la perspective européenne de la Turquie. « Il s’agit d’une question stratégique », a-t-il affirmé, en soulignant qu’il était préférable que la Turquie soit dans l’Union européenne plutôt qu’en dehors.
La présidence hongroise organisera, le 27 juin, une conférence intergouvernementale sur l’adhésion de l’Islande, a annoncé JánosMartonyi lors de son audition. « Nous allons ouvrir quatre chapitres, et nous espérons que deux d’entre eux pourront être immédiatement clôturés », a indiqué le ministre des affaires étrangères.