
Conformément à la tradition, les ministres et les secrétaires d’Etat représentant la présidence tournante et présidant les différentes formations du Conseil présentent les objectifs de la présidence relatifs à différents secteurs devant les commissions compétentes du Parlement européen (PE) entre le 24 et le 27 janvier 2011. L’audition en premier de György Matolcsy, ministre de l’Économie nationale par le PE a une portée symbolique car, en tant que président du Conseil des Affaires économiques et financières (ECOFIN) il est responsable de la mise en œuvre de la partie la plus importante du programme de la présidence hongroise.
Réponses rapides et concertées
Dans son introduction M. Matolcsy a souligné qu’à l’issue de la crise économique et financière la zone euro doit faire face à des défis nécessitants des réponses rapides et concertées. Par conséquent l'objectif majeur de la présidence hongroise est l'adoption des six propositions législatives visant la création de la nouvelle structure de gouvernance économique de l'Union, la mise en place du mécanisme européen de stabilité et la mise en œuvre du semestre européen, le nouveau cycle de procédure destiné à assurer la cohérence préalable des politiques économiques et budgétaires nationales tout en se concentrant sur les objectifs de la stratégie Europe 2020. Ces tâches sont étroitement liées entre elles, a affirmé le ministre.
Construire des ponts entre les institutions
La mise en œuvre du programme économique de la présidence exige le respect des délais serrés conformément aux préconisations de la réunion de décembre dernier du Conseil européen rassemblant les chefs d’Etat et de gouvernement. En conséquence la Hongrie vise l’adoption par le Conseil des six projets législatifs d’ici la fin du premier trimestre et en juin elle souhaiterait voir au Parlement européen des « propositions législatives finalisées et approuvées ». Cela pourrait représenter un « signal fort » pour les marchés et les investisseurs.
Le ministre hongrois, aussi bien dans son introduction qu'en répondant aux questions des journalistes a souligné, qu’en vue de l’adoption du paquet des six projets législatifs, la présidence hongroise ne prévoit pas « un sprint insensé » mais souhaite utiliser tous les moyens de concertation avec le PE et la Commission. Nous aurons besoin de « compromis bons et intelligents » et la présidence hongroise fera tout pour « construire des ponts entre les trois institutions », a dit Matolcsy.
Renforcer l’Union, renforcer l’euro
Pour créer une Europe forte, une zone euro forte et une monnaie unique stable sont indispensables, a souligné plusieurs fois Mr. Matolcsy durant l’audition. C’est pour servir cet intérêt qu’existent la coordination préalable des politiques économiques nationales et le semestre européen. Néanmoins Mr. Matolcsy a affirmé que si les problèmes des Etats membres sont communs – faible croissance, dette publique toujours plus élevée et faible niveau du taux d’emploi –, il ne faut pas « mettre tous les programmes d’amélioration dans le même sac », des solutions spécifiques à chaque pays sont nécessaires.
En réponse à une question concernant le mécanisme de stabilité permanent, Matolcsy a souligné que le Conseil s’en occupe, étant une question d’accord intergouvernemental, ni le PE, ni l’ECOFIN ont la compétence pour décider. Il a estimé que l’émission d’emprunts européens est « une bonne idée », mais avant de se lancer, il faut nous « remettre en ordre», renforcer l’Union et l’euro – et toutes les propositions de la présidence vont dans cette direction.
Services financiers
Matolcsy a également parlé du fait que beaucoup de travaux législatifs sont à faire au niveau des services financiers. Les efforts de la présidence se concentrent sur l’assurance de la cohérence de différentes règlementations et l’augmentation de la transparence des marchés. Sont également concernés les marchés de produits financiers dérivés : l’augmentation de la transparence est primordiale pour la Hongrie, que ce soit au niveau des transactions hors ou en Bourse. De ce point de vue, Matolcsy s’efforce de contribuer à l’accomplissement des engagements de l’UE pris dans le cadre du G20. Il a déclaré que c’est une heureuse coïncidence que cette année un Etat membre de l’UE, la France, assure la présidence du G20, ce qui présentera des possibilités de coopération étroite.
Le rôle des taxes sur les banques
Au niveau de la fiscalité, la présidence voudrait conclure un accord concernant la directive sur la fiscalité des revenus de l’épargne, et elle soutient l’ouverture de la négociation sur le réexamen de la directive sur la fiscalité de l'énergie, a confirmé Matolcsy à qui plusieurs questions ont été déjà posées de la part des députés du PE au sujet de la fiscalité bancaire introduite sous différentes formes dans dix Etats membres européens. Il n’a pas nié que la perception de la taxe des banques soit une « opération risquée », car elle peut empêcher les banques à financer. Pour contrebalancer cela, des mesures soutenant les petites et les moyennes entreprises sont bienvenues. Matolcsy a développé que dans la situation actuelle, la taxe des banques est nécessaire pour mettre de l’ordre dans les budgets et pour rétablir l’équilibre, mais à long terme, le rôle d’une fiscalité bancaire harmonisée au niveau européen ne serait plus la consolidation, mais la constitution des réserves et la prévention de crise.
Le monde n’attend pas
« Le monde n’attend pas que nous vainquions notre propre crise », c’est ainsi que le ministre hongrois a admis l’importance de l’augmentation des investissements et la création d’emplois, parallèlement à la gestion de la crise. En même temps, il a affirmé que l’ECOFIN se concentre en premier plan à la création de l’équilibre et au renforcement de la coordination économique ; les questions de la croissance, l’emploi et la démographie assurant l’avenir sont traitées par d’autres formations du Conseil.

Selon les traditions, les commissions du Parlement européen auditionnent les ministres du gouvernement de l’Etat membre assurant la présidence tournante. Lors des auditions, les ministres et les ministres délégués sont questionnés sur le programme et les priorités de la présidence. L’objectif des députés est de connaître les questions figurant à l’ordre du jour de la présidence et leur poids dans le programme.