
Se fondant sur la communication COM(2010) 661 de la Commission, les ministres ont procédé à un échange de vues sur l’évaluation de la gestion de l'effort de pêche dans les eaux occidentales. Les ministres ont cherché à savoir quel cadre réglementaire pourrait être appliqué aux lieux de pêche de l’océan Atlantique à des fins de lutte contre la surexploitation des stocks de pêche. Ils ont également cherché à établir s’il était nécessaire de modifier le cadre juridique actuel et, le cas échéant, à quelle échéance et de quelle manière. Ils ont examiné la possibilité de lier la révision du cadre réglementaire à la réforme en cours de la politique commune de la pêche.
Lors de la conférence de presse qui s’est tenue à la pause, Sándor Fazekas, ministre du développement rural, a affirmé que les participants ont convenu qu’il était nécessaire de renouveler le cadre actuel en mettant l’accent sur la gestion des ressources. Cette révision doit être liée à la réforme de la politique commune de la pêche, a conclu le ministre.
C’est en 1995 qu’a été introduite la gestion de l'effort de pêche dans les eaux occidentales, modifiée ensuite en 2003. La Commission propose de lier la nouvelle révision à la politique commune de la pêche, en présentant cette année un calendrier établissant les priorités pour l’avenir.
Bien que l’Union européenne représente 4,6 % de la pêche et de la production halieutique à l’échelle mondiale, elle doit largement recourir à l’importation pour satisfaire aux besoins de la demande intérieure. En 2007, les vingt-sept ont ainsi importé 5,6 millions de tonnes de poisson, en sus des 5,1 millions de tonnes provenant de la pêche et 1,3 millions de tonnes, de la production halieutique. Sept ans auparavant, en 2000, la quantité pêchée était encore de 6,7 millions de tonnes, soit équivalente à la quantité produite, ce qui signifie que le recul de la pêche maritime a été entièrement compensé par l’importation.
Ce recul est principalement dû à la surexploitation des stocks, la quantité pêchée étant supérieure à la capacité de reproduction annuelle des stocks de poissons. Afin de remédier à cette situation, il convient de limiter la pêche maritime de manière drastique et de diminuer la capacité de pêche, mesures prévues de longue date par l’Union et qui ne peuvent aujourd’hui plus être reportées.
Cinq Etats membres dépourvus de littoral appellent à la promotion de l’aquaculture en eau douce
Présentée en février et destinée à développer et à promouvoir l’aquaculture en eau douce et la pêche dans les eaux intérieures, la déclaration commune de cinq Etats membres dépourvus de littoral était au cœur des discussions menées par les ministres. Signée par l’Autriche, le Luxemburg, la Hongrie, la République Tchèque et la Slovaquie, cette déclaration a suscité un large intérêt, les représentants de 19 Etats membres ayant déclaré qu’ils y étaient favorables.
Les intervenants ont souligné que le développement de l’aquaculture en milieu d’eau douce était de l’intérêt non seulement des pays dépourvus de littoral, mais également de celui des autres Etats membres, dans la mesure où l’Union européenne dépend considérablement de l’importation en ce qui concerne les produits dérivés du poisson. Le développement de la production halieutique en eau douce pourrait contribuer à satisfaire une demande européenne croissante sans nuire aux ressources naturelles. Il serait possible, de par une meilleure utilisation des produits de l'aquaculture en eau douce, d’atténuer les effets néfastes du changement climatique et d’encourager le développement régional. Selon la déclaration publiée par ces cinq pays, il importe de soutenir les producteurs afin qu’ils puissent se positionner sur le marché avec des produits de l'aquaculture en eau douce qui soient compétitifs par rapport aux importations de poisson.
Représentant la Hongrie, György Czerván, ministre délégué en charge de l’agriculture du ministère du développement rural, s’est déclaré favorable à ce que la nouvelle politique commune de la pêche promeuve l’utilisation du potentiel de développement de l’aquaculture en milieu d’eau douce.
Lors de la conférence de presse qui s’est tenue à la pause, Maria Damanaki, commissaire en charge des affaires maritimes et de la pêche, a déclaré que le développement de l’aquaculture en eau douce ouvrait de nouvelles perspectives dans la mesure où elle pouvait constituer une alternative dans un contexte de surexploitation des stocks, palier l’importation de poissons et créer des emplois. Il s’agit d’une perspective intéressante pour les Etats membres dépourvus de littoral etil convient donc de la promouvoir, a ajouté la commissaire.
L’innovation en faveur de la préservation du mode vie traditionnel
Durant le déjeuner d’affaires, les ministres ont débattu du rôle que l’innovation pouvait jouer dans la préservation du mode de vie traditionnel des régions rurales. A la conférence de presse qui a eu lieu dans la soirée, à l’issue de la réunion, M. Fazekas a rappelé que cette question figurait déjà parmi les conclusions de la présidence, approuvées à la majorité qualifiée lors de la précédente réunion du Conseil « Agriculture ». Citant ces conclusions, M. Fazekas a rappelé que « l’agriculture européenne ne pouvait faire face aux problèmes économiques et environnementaux auxquels elle était confrontée qu'en innovant », considérant « la PAC comme un puissant instrument permettant d'encourager et de mettre en œuvre les mesures innovantes ». « Pendant le déjeuner, nous avons cherché à répondre à de nombreuses questions, à savoir comment la Politique agricole commune pourrait contribuer à la revitalisation des régions rurales, quelles sont les mesures à prendre afin de diffuser les idées et les solutions innovantes, quels nouveaux éléments de la Politique agricole commune peuvent renforcer l’innovation et comment il serait possible de renforcer le rôle des autres politiques européennes afin de faire renaître les régions rurales », a expliqué le ministre hongrois.
M. Fazekas a déclaré que la prochaine réunion informelle du Conseil « Agriculture » intitulée « Comment la Politique agricole commune pourrait-elle contribuer à l’élevage durable ? » aurait lieu les 30 et 31 mai à Debrecen.
En matière de pêche, les ministres procéderont à un échange de vues sur l'évaluation de la gestion de l'effort de pêche dans les eaux occidentales.
En ce qui concerne l'agriculture, les ministres pourraient adopter une directive visant à renouveler l'inscription de la substance active carbendazime.
Le Conseil procédera également à un échange de vues sur les systèmes de qualité applicables aux produits agricoles.
Enfin, les ministres recevront des informations sur l'aquaculture en eau douce et la pêche dans les eaux intérieures dans le cadre de la réforme de la PCP.
Pendant le déjeuner, les ministres auront une discussion sur le rôle de l'innovation pour revitaliser les modes de vie traditionnels dans les zones rurales.
Une première conférence de presse sur les questions relatives à la pêche sera organisée avant le déjeuner vers 13 heures. Une deuxième conférence de presse sur les questions agricoles sera organisée à l'issue de la session vers 18 heures.