A mi-parcours de la présidence hongroise de l’Union européenne déjà, le ministre allemand des affaires étrangères, Guido Westerwelle, félicitait son homologue hongrois, János Martonyi, en visite à Berlin, en affirmant : « Au cours de la première présidence hongroise de l’Union européenne, l’Europe a fait des progrès substantiels dans des dossiers clés ». Dans le contexte des nombreux défis qui se posent aujourd’hui, le succès de la présidence hongroise se confirme en cette deuxième partie du semestre. C’est ainsi que le Conseil « Emploi, politique sociale, santé et consommateurs » (EPSCO) a approuvé, le 19 mai, les conclusions relatives au cadre de l’Union pour les stratégies nationales en faveur de l’intégration des Roms, levant du même coup un obstacle de taille et permettant au Conseil européen d’avaliser ces conclusions politiques le 24 juin 2011.
La présidence hongroise de l’Union européenne est ainsi parvenue à répondre à une question politique, économique et sociale pressante aux yeux des citoyens européens. Les défis sont énormes : selon les estimations, huit à douze millions de Roms vivent dans les pays de l’Union européenne. Leur espérance de vie est de dix ans inférieure à la moyenne européenne. Les Roms vivent souvent dans la misère et sont victimes de discriminations et d’exclusion sociale. Le grand mérite de la Hongrie est d’avoir fait grandement progresser les efforts que l’Union européenne avait déployés jusqu’à présent à des fins d’intégration des Roms. De cette manière, la Hongrie a réagi à une préoccupation essentielle de la population. La Hongrie a prouvé que les présidences tournantes de l’Union européenne s’avèrent en mesure, et ce même après l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, d’inscrire leurs propres priorités à l’ordre du jour et d’œuvrer avec succès à leur réalisation.
Si l’on revient un instant sur ce succès spécifique, l’on peut affirmer que la présidence hongroise a inscrit les intérêts des citoyens européens au rang de ses priorités, en faisant de l’intégration socio-économique des Roms – laquelle est menée de concert avec les institutions européennes et la société civile – une de ses principales missions. Le 5 avril 2011, la Commission a publié une communication intitulée « Cadre de l'UE pour les stratégies nationales d'intégration des Roms pour la période allant jusqu'à 2020 », dont l’objectif est de mettre en place des instruments coordonnés à l’intention des Roms et de faire un usage ciblé des ressources. Dans un deuxième temps, les ministres de l’emploi et des affaires sociales ont convenu, lors du Conseil EPSCO du 19 mai 2011, qu’il fallait améliorer l’intégration des Roms afin d’atteindre les objectifs d’amélioration du taux d’occupation et de réduction de la pauvreté définis dans la « Stratégie Europe 2020 ». Ils ont par ailleurs fait part de leur intention, d’élaborer, d’ici la fin de l’année 2011, leur stratégies nationales pour les Roms ainsi que toute autre mesure en faveur de leur intégration, essentiellement dans les domaines de l’éducation, de l’emploi, des soins de santé et du logement. Dans les conclusions qui ont été approuvées, la Commission est priée d’accompagner, et ce de manière active, les progrès dans la mise en œuvre des stratégies nationales pour les Roms, ainsi que de faciliter l’accès aux fonds structurels européens. La présidence hongroise compte présenter, lors du Conseil du 24 juin 2010, un rapport sur les discussions au sein du Conseil.
L’Allemagne a d’emblée salué l’élaboration d’un cadre européen pour les stratégies nationales en faveur des Roms, la lutte contre la pauvreté, contre l’exclusion sociale et contre la discrimination à l’encontre des Roms constituant également une question importante à nos yeux. Nous nous engageons en faveur de l’interdiction de la discrimination à l’encontre des minorités ethniques ainsi que du respect de la Charte des droits fondamentaux et du droit européen en la matière. Nous plaidons en outre pour un renforcement de l’engagement de l’Union européenne qui soutienne les Etats membres dans les efforts qu’ils mènent au niveau national et qui favorise la coopération entre eux. La responsabilité en matière d’intégration socio-économique des Roms devrait néanmoins demeurer une compétence nationale, car il existe notamment, dans les Etats membres, des différences importantes au niveau des cadres nationaux ainsi que des proportions de Roms au sein de la population. Il convient de recourir à cet effet aux instruments (tels que les fonds structurels) et aux mesures (telles que la Stratégie Europe 2020) de l’Union préexistants.
Je suis convaincue que le succès que constitue l’adoption de la stratégie-cadre pour les Roms contribuera à donner une image positive de la présidence hongroise de l’Union européenne. L’intégration des Roms est de l’intérêt de tous, que ce soit en Hongrie, en Allemagne ou ailleurs en Europe, quel que soit leur âge. Elle représente le seul investissement possible dans notre avenir.
Lors d’une rencontre qui était organisée récemment par l’école allemande de Budapest et à laquelle j’ai assisté, des écoliers allemands et hongrois se sont entretenus de la stratégie-cadre pour les Roms avec le ministre délégué en charge, Zoltán Balog, ainsi qu’avec l’ex-ministre des affaires étrangères, le professeur Péter Balázs. J’ai été impressionnée de constater à quel point ces écoliers se sentaient concernés par le sujet et quelle importance ils y attachaient. Toute minorité intégrée, qu’elle soit politique, économique ou sociale, où que ce soit dans le monde, représente à bien des égards un enrichissement pour l’ensemble de la société. La stratégie-cadre européenne pour les Roms, qui est soutenue par la présidence hongroise de l’Union européenne, y apportera une contribution essentielle.
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