Après la publication d’un article de mon compatriote, Jerzy Buzek, Président du Parlement européen, c’est un véritable honneur pour moi, en tant qu’ambassadeur de la Pologne à Budapest, d’être le premier à écrire dans le blog des invités du site.
Entre nous, Polonais et Hongrois, il a toujours existé une relation spéciale et l’amitié traditionnelle entre nos peuples remonte à plusieurs siècles. Notre amitié séculaire est tellement forte et naturelle que nous la considérons comme un élément constitutif des identités nationales de nos pays. Plus important encore, c’est ensemble que nous avons, au cours de l’histoire, affronté les problèmes les plus tragiques et c’est ensemble que nous relevons aujourd’hui les défis bilatéraux, régionaux et européens auxquels nous sommes confrontés. C’est justement ce à quoi nous sommes occupés car au milieu de cette année, la Pologne succèdera à la Hongrie pour prendre la présidence du Conseil de l’Union européenne. De quoi hériterons-nous alors ? Si je voulais répondre par la plaisanterie, je dirais les vins hongrois, puisque nous accorderons un rôle important aux vins hongrois lors des événements de la présidence polonaise – et pas seulement parce que les vins polonais ne sont pas à même de concurrencer les vins hongrois. :)
Mais soyons sérieux : pour la Pologne, il est extrêmement important que des progrès aient été réalisés dans l’élaboration de la politique énergétique commune. A partir de 2014, le marché intérieur de l’énergie se mettra en place, la présidence hongroise ayant joué un rôle considérable dans la préparation du Conseil européen qui a tranché sur cette question au mois de février dernier. Il est évident que la poursuite de ce processus est également une priorité pour nous.
Il est devenu clair pour tous que l’économie, le retour vers la croissance et le nouveau budget sont les défis les plus importants que l’Union européenne doit relever. Nous avons également reconnu qu’outre le marché unique, une gouvernance économique commune est tout aussi nécessaire. Durant la présidence hongroise, la réalisation du semestre européen a débuté, l’accord sur le mécanisme européen de stabilité a été conclu et il y a de fortes chances pour le Conseil européen adopte, au mois de juin, les six propositions législatives sur la gouvernance économique. La présidence polonaise aura encore fort à faire dans ce domaine, mais nous pourrons nous appuyer sur les résultats de la présidence hongroise.
La présidence hongroise a mené à bien ces missions essentielles dans des conditions extrêmement difficiles, qui ne devraient pas changer radicalement durant la présidence polonaise. La crise politique en Afrique du Nord, que beaucoup comparent d’ailleurs aux « révolutions glorieuses » de 1989, est survenue de manière tout à fait inattendue. La Hongrie a réagi de manière adéquate à cette situation inattendue et a gagné la reconnaissance générale pour sa coordination locale en Libye entre les Etats membres, pour son activation rapide du mécanisme européen de protection civile et sa décision de maintenir ouverte son ambassade à Tripoli, et d’assumer ainsi la représentation locale de l’Union.
Je voudrais encore souligner le rôle de pionner que le gouvernement hongrois a courageusement assumé dans l’intérêt de « l’européisation » des problèmes de la minorité des Roms, permettant ainsi qu’une stratégie-cadre européenne soit, selon toute vraisemblance, mise en place d’ici la fin du semestre afin d’améliorer la situation des Roms. Les mérites de la Hongrie dans ce domaine seront durables.
Dans de nombreux domaines, tels que la politique énergétique commune, la gouvernance économique européenne et la stratégie pour les Roms, la présidence hongroise est parvenues à des résultats sur lesquels nous pourrons également fonder le travail de notre présidence. D’ici là, je souhaite encore beaucoup de succès à nos amis hongrois pour les deux derniers mois de leur présidence !
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